

Le silence n'est jamais vide.
Il est plein de ce qu'on n'écoute pas encore.
Ici, je parle de reconnexion à soi, de l'invisible,
ce qu'il nous raconte, ce qui reste quand on laisse quelque chose derrière soi :
une personne, un travail, une version de nous-mêmes qu'on ne reconnaît plus.
Ce qu'on ressent sans toujours pouvoir l'expliquer.
Et toi, qu'est-ce que tu n'entends plus, à force d'avoir appris à ne rien attendre du silence ?
En sortant de séance l’autre jour, j'ai pensé bon de parler de ce qu’il s’est passé pour mon client.
Il m’a donné son accord.
Truc de dingue !
Mon client vient me voir, et pendant qu'on échange sur ce qu'il s'est passé depuis qu'on s'est vu, il me dit :
"J'aimerais bien savoir si on ne m'a pas jeté quelque chose."
Il me parle qu'il y a quelque temps, il était allé voir une chamane, pas loin de chez lui et qu'elle lui a dit
QU'IL ÉTAIT POSSÉDÉ PAR UN ANCÈTRE...
Possédé...
Le mot qui fait bien flipper, hein ?
Celui qu'on associe direct à des trucs démoniaques, des films d'horreur, l'exorcisme et tout le tremblement.
Avant même de parler de ce que ça a créé chez lui, il y a un truc qui me pose problème dans cette phrase :
"possédé par un ancêtre", ça ne veut juste rien dire.
(en tous cas pour moi).
La possession, dans son sens propre, c'est démoniaque.
C'est une entité étrangère, malveillante, qui prend le contrôle.
Rien à voir avec un ancêtre.
Un ancêtre, lui, peut effectivement être présent dans ta vie de deux façons bien différentes :
Soit une âme qui reste accrochée à toi après sa mort, comme cette grand-mère dont je te parle plus bas.
Soit, tu peux être la réincarnation d'un de tes ancêtres, mais c'est bien ta propre vie que tu vis, la tienne. Tu portes quelques bagages de cet ancêtre, le fameux karma, dont tu n'as peut-être pas conscience. Ce n'est pas une possession, j'appellerais ça une mémoire.
Coller "possédé" et "ancêtre" dans la même phrase, ça me dérange quelques peu.
Selon moi, c'est mélanger deux concepts qui n'ont rien à voir.
Et ça, en soi, ça devrait déjà mettre la puce à l'oreille.
Je lui pose la question : elle a fait quoi, avec cette info ?
La réponse de mon client : "elle m'a pris 200 balles."
Et après ?
Rien.
Pas de solution.
Pas d'orientation.
Juste un mot qui fait peur, et une facture.
Débrouille-toi avec ça !
Je ne pouvais pas le laisser avec ça !
Alors j'ai fait confiance à mon intuition.
J'ai demandé à mes guides ce qu'il en était, vraiment.
Aucune possession.
Mais une grand-mère, encore accrochée à son petit-fils.
Une femme qui, en voulant continuer à le protéger des injustices qu'il a vécues, s'est agrippée à lui sans s'en rendre compte.
Pas de démon, ni de malédiction.
Juste un trop-plein d'amour, assez fort pour qu'elle continue d'exister au-delà de la mort, en puisant, sans le vouloir, dans son énergie à lui.
Au prochain rendez-vous, on lui demandera de partir, gentiment, avec beaucoup d'amour dans la lumière qu'elle mérite de connaitre.
Ce qu'il faut que tu comprennes, c'est que ce qu'on entend de la bouche d'un professionnel qu'on est venu consulter, ça reste.
Ce n'est pas juste une phrase qu'on oublie en sortant.
"Tu es possédé", pour quelqu'un qui vient chercher de l'aide, ce n'est pas neutre.
Ça peut nourrir une vraie angoisse les jours qui suivent.
Ça peut faire douter de sa propre santé mentale, se demander si on ne devient pas "fou".
Ça peut isoler, si on n'ose en parler à personne de peur qu'on nous prenne pour quelqu'un de malade.
Et surtout, ça laisse un mot qui fait peur, sans, dans ce cas précis, donner les moyens de le désamorcer.
Ce genre de dérive, je ne l'ai pas seulement vue chez mes clients.
Je l'ai vécue moi-même :
On m'a offert un jour une prestation de "voyance".
La femme au bout du fil, à moitié tendue, ne me parlait pas très bien.
Elle a insisté, lourdement, sur l'infidélité de mon mari.
Elle a semé le doute en moi, alors que j'ai confiance en lui.
Et pourtant, je me suis surprise à l'observer avec une méfiance dont je n'avais pas l'habitude.
Ce qui est fou, c'est que pendant la séance même, j'ai bien compris qu'elle projetait sa propre histoire : elle parlait en fait des tromperies vécues par son ex, pas de ma vie à moi. Ça ne l'a pas empêchée de me le présenter comme si c'était ma vérité.
Une information choc, lâchée sans aucune explication sur ce qu'elle veut dire concrètement pour toi
Des mots employés sans cohérence entre eux, juste pour l'effet ou la peur qu'ils inspirent
Aucune proposition de suite, aucun plan d'action, juste le constat
Impossible de poser des questions pendant la séance, ou des réponses évasives quand tu en poses
Un prix payé sans jamais vraiment savoir ce que tu achetais
Une affirmation présentée comme LA vérité, sans jamais te laisser la place de la ressentir toi-même comme juste ou pas
Quand je transmets un message, je dis toujours que c'est un peut-être, jamais une certitude.
Je propose deux angles différents plutôt qu'une seule interprétation fermée.
Je le dis clairement :
il n'y a pas de vérité absolue dans ce que je reçois, il y a ta vérité à toi. Prends ce qui résonne avec ton histoire, laisse filer ce qui ne résonne pas.
Je pèse mes mots.
Je reste prudente, parce que je sais l'impact que peut avoir une phrase dite à quelqu'un, au mauvais moment.
Et même quand un message est difficile, j'essaie toujours de donner un axe positif, une piste que tu peux choisir d'emprunter ou non.
Parfois, je reformule en cours de séance, parce que même moi, il m'arrive de ne pas comprendre tout de suite ce qui sort de ma bouche.
Parce que transmettre un message, ça demande de l'ajuster, pas de le balancer tel quel et de laisser partir sans aucune clé.
Ce qui me reste de cette histoire, c'est autre chose.
C'est cette question que se posent de nombreuses personnes :
Comment faire pour continuer à faire confiance à ceux qui sont censés nous aider, quand la dernière personne à qui on a fait confiance nous a juste fait peur et pris notre argent ?
Je n'ai pas de réponse toute faite à te donner. Juste ça :
sois exigeante avec qui tu laisses entrer dans ce genre d'espace avec toi.
Tu as le droit de poser des questions, de demander "et concrètement, on fait quoi de cette info", de partir si tu sens que ça craint.
Et toi, il t'est déjà arrivé de ressortir d'un rendez-vous (peu importe lequel) avec plus de questions et de peur qu'avant d'y aller ?

Je suis Jennifer, coach et thérapeute connectée à l'invisible.
Ensemble, explorons ce qui ne se prouve pas mais qui se vit,
ce que le corps sait avant la tête,
ce qui reste quand une explication manque,
ce qui nous traverse sans qu'on sache d'où ça vient.