

Le silence n'est jamais vide.
Il est plein de ce qu'on n'écoute pas encore.
Ici, je parle de reconnexion à soi, de l'invisible,
ce qu'il nous raconte, ce qui reste quand on laisse quelque chose derrière soi :
une personne, un travail, une version de nous-mêmes qu'on ne reconnaît plus.
Ce qu'on ressent sans toujours pouvoir l'expliquer.
Et toi, qu'est-ce que tu n'entends plus, à force d'avoir appris à ne rien attendre du silence ?
Quand j'étais petite, le volet de la cuisine répondait aux questions.
Oui, oui, tu as bien lu !
Il claquait pour dire oui et s'ouvrait pour dire non, et personne, dans la maison, n'en faisait toute une histoire.
J'ai mis du temps à me dire que ça valait le coup de le raconter.
Mais aujourd'hui j'en ai envie.
J'y ai vécu de dix ans à douze ou treize ans (je ne sais plus très bien), avec ma mère, mon beau-père et mon petit frère.
Vue de la rue, une maison comme les autres. Mais de l'intérieur, je peux te dire qu'on n'y était pas seuls.
Il y avait une plante verte sur la table basse du salon, je regardais gentiment la télé quand j'ai brusquement tourné la tête .
L'une de ses feuilles bougeait toute seule sans qu'il n'y ait pas le moindre courant d'air.
À dix ans, je ne me suis pas trop posé de questions, aujourd'hui je vois ça comme un petit coucou.
Un autre objet s'est animé. Les feuilles du calendrier, elles, se mettaient à voler toutes seules.
Je n'ai jamais trouvé ça effrayant.
C'était comme ça, à la maison, du moins dans celle là.
Et le pompon en matière d'animation, le volet de la cuisine.
Ma mère et mon beau-père lui posaient des questions. Comme, "est-ce qu'on devait partir de la maison ou rester ?", ou encore des demandes de conseil, comme on en demande à quelqu'un de la famille.
Il claquait pour dire oui et s'ouvrait pour dire non.
Un vrai conseil de famille, avec un volet. Pfiou.
Personne n'avait peur, serais-tu partie en courant ?
Et puis il y avait les ombres.
Sombres, rapides, à taille humaine.
Une ombre qui passe furtivement, à peine le temps de la voir.
Pas tous les jours, pas d'heure particulière.
Tu tournes la tête parce que tu as vu quelque chose bouger, tu regardes, il n'y a plus rien, et tu continues ta journée.
Je n'avais pas peur.
Ça faisait partie de la vie.
Une nuit, il s'est passé autre chose.
J'avais dix ou onze ans et je dormais.
Je n'ai rien senti, rien entendu, rien vu.
Mais ma mère, elle, a entendu un souffle entrer dans ma chambre. Les adultes se sont levés pour aller voir. Ils ont vu une ombre repartir en bas de l'escalier.
Ils ne m'ont rien dit sur le moment. Ils me l'ont raconté bien plus tard, comme on raconte une histoire de famille qu'on n'a pas voulu raconter à un enfant.
Quand je l'ai su, j'ai ressenti de la curiosité.
J'aurais aimé comprendre ce qui venait me rendre visite.
Il y a une scène que je n'oublierai jamais, et qui me fait beaucoup rire quand j'y repense.
Un cousin de ma mère à qui on avait déjà parlé de ce qui se passait dans la maison. Pour lui, c'était n'importe quoi, jusqu'au jour où..
Un soir, on buvait l'apéro dans le salon, devant la télé.
Et là, il a changé de couleur et s'est senti mal.
Il venait de voir ce qu'il ne croyait pas.
Blanc comme un linge, le cousin.
Je ne me moque pas de lui.
Cette scène m'a fait comprendre très tôt le sens du fameux adage :
je crois ce que je vois. Lui n'y croyait pas, jusqu'à ce soir-là.
Et puis il y a mon petit frère, qui avait deux ans.
Il parlait à quelqu'un dans les toilettes.
Un tout petit, en pleine conversation avec quelqu'un que personne d'autre ne voyait.
Aujourd'hui, il déteste évoquer ces souvenirs, alors je n'en dirai pas plus, mais c'est important, parce que ça fait partie de l'histoire.
À la maison, il n'y avait aucun tabou sur le sujet, mais il est vrai que sortie de la maison, je ne disais rien aux copines.
On apprend vite, enfant, ce qu'on peut dire dehors et ce qu'on garde pour soi.
Et ça j'avais bien compris que c'était un sujet qui pouvait ne pas être compris par tout le monde.
Il y a des explications, et certaines sont intéressantes. Les chercheurs savent que beaucoup d'enfants ont des « amis » que personne ne voit : une étude américaine de 2004 parle d'environ deux enfants sur trois d'âge scolaire (Université de Washington). Entre veille et sommeil, le cerveau peut aussi faire voir des silhouettes ou sentir une présence, ça arrive à pas mal de monde (The NESS). Un ingénieur anglais, Vic Tandy, pense avoir trouvé la cause des malaises et de la silhouette grise qu'il voyait dans son laboratoire : un ventilateur qui faisait un son trop grave pour être entendu (Damn Interesting). Depuis plus d'un siècle, des gens racontent aussi des maisons où ça bouge, où ça claque, où ça souffle (Camille Flammarion en avait fait un livre, Les maisons hantées).
Alors voilà. Rien de tout ça n'explique un volet qui répond aux questions d'une famille qui hésite à déménager. Et rien de tout ça ne prouve non plus que ce que j'ai vécu était autre chose. Je ne cherche pas à te convaincre. Je te donne ce que j'ai trouvé, avec l'origine, et tu en fais ce que tu veux.
Pour moi, nous ne sommes jamais seuls.
Les âmes nous entourent. Présences, esprits, entités, fantômes : tous ces mots désignent la même chose, selon moi.
Des êtres sur un autre plan que le nôtre, qui continuent d'exister d'une façon qu'on n'a pas encore pu prouver.
Je ne peux pas les voir comme je le voudrais, ni t'obliger à croire ce que je te raconte.
C'est ce que j'ai vécu.
Avec du recul, je comprends que ça a toujours fait partie de ma vie. Le dire à voix haute, c'est encore tout récent pour moi, et je me dis qu'il était temps.
Aujourd'hui, ça me paraît une évidence : il fallait que j'y croie et que je n'en aie pas peur pour comprendre qu'ils étaient là.
Et il fallait que je leur fasse confiance pour accompagner des personnes en l'évoquant, si elles sont ouvertes à cela.
Et la maison ?
On a fini par partir pour une maison plus grande et plus fonctionnelle. Rien de mystérieux dans ce déménagement, on avait besoin de place.
Par contre mon mari, plus jeune, y a vécu aussi. Il nous a toujours dit qu'il n'avait rien vécu de particulier à l'intérieur... Comme quoi, était-ce les lieux, ou les personnes qui ont attiré tous ces phénomènes ?
Si toi aussi tu as eu une plante qui bougeait, une présence, une impression que tu n'as jamais osé dire, tu n'es pas folle, tu n'es pas la seule, seulement beaucoup apprennent à se taire.
Mais cette partie-là est surtout pour toi qui es parent.
Ton enfant vient de te dire : « Maman, je vois des choses. » Qu'est-ce qu'on fait ?
D'abord, tu l'écoutes, sans rire, sans lever les yeux au ciel, sans t'affoler. Ce qu'il retient de ce moment, c'est que tu l'as cru ou non. Un enfant qu'on moque arrête d'en parler, et il garde tout pour lui.
Ensuite, tu poses des questions ouvertes, et tu ne souffles pas les réponses. « Raconte-moi. » « Elle ressemble à quoi ? » « Elle est où, là, maintenant ? » « Qu'est-ce que ça te fait ? » Surtout pas « Tu as peur, hein ? » : tu risques de lui donner la peur que tu lui demandes. Regarde plutôt ce qu'il ressent. Moi, c'était de la curiosité. Un autre enfant peut être terrifié, et ce n'est pas du tout la même situation.
Si l'enfant a peur, tu rassures avec du concret. Une veilleuse, la porte entrouverte, ta présence jusqu'à ce qu'il s'endorme, un petit rituel du soir qui revient chaque jour. Dis-lui simplement : « Je te crois, tu es en sécurité, je suis là. » Tu n'as pas besoin de savoir ce que c'est pour le rassurer.
Tu ne nourris pas la peur. Pas d'histoires de fantômes ni de films qui font peur le soir. Et tu ne reviens pas dessus tous les soirs avec « Alors, tu as vu quelque chose ? ». Une fois qu'il en a parlé, laisse la porte ouverte, mais ne fais pas de l'ombre le sujet de la maison.
Tu regardes aussi le concret. Une ombre peut venir des lumières de la rue, d'un rideau ou d'une veilleuse mal placée. La fatigue, un coup de fièvre ou un sommeil agité changent aussi ce qu'on voit le soir. Et demande-toi ce qui a changé dans sa vie : un déménagement, la rentrée, un deuil, un petit frère ou une petite sœur qui arrive. Un enfant qui a un gros changement à digérer le dit parfois par des images.
Tu gardes ton calme, toi. Un enfant lit tes réactions plus qu'il n'écoute tes mots. Si tu es débordé, prends un moment pour souffler avant de lui répondre.
Quand consulter ? Parle-en à votre médecin ou à votre pédiatre si la peur est forte et dure, si les cauchemars reviennent toutes les nuits, s'il refuse d'aller dans une pièce ou de dormir seul, si son comportement change (repli, colère, tristesse), si ce qu'il voit s'accompagne de fièvre, de maux de tête, de confusion ou de pertes de connaissance. Et si l'enfant entend des voix qui lui demandent de se faire du mal ou de faire du mal, appelle le 15. Consulter ne veut pas dire que tu ne le crois pas. Tu cherches à comprendre, et un avis médical n'enlève rien à ce que tu peux faire à la maison.
Ce que j'aimerais que tu retiennes : un enfant qui ose te dire ce qu'il voit est un enfant qui te fait confiance. Pas de peur, ni pour lui ni pour toi. Accueille ce qu'il te dit, et le reste viendra ensuite.
Et toi, tu as déjà vécu quelque chose comme ça, enfant ?
Raconte-le-moi sur WhatsApp.
Ce que j'ai vécu petite nourrit aujourd'hui ma façon d'accompagner :
j'écoute ce que tu n'as pas pu dire, sans te juger.
Si tu veux être accompagnée, écris-moi avant de réserver quoi que ce soit.
On regarde ensemble ce qui te conviendrait.
Je t'accompagne à distance, ou à mon cabinet à Bois-Arnault, dans l'Eure.
Tu peux découvrir mes accompagnements, dont les soins de l'âme, sur ma page Thérapies.
Et si le sujet te parle, j'ai aussi raconté Quand un signe frappe au carreau et Je n'ai plus peur de la mort, et c'est grâce à ce livre.
Pourquoi un enfant voit-il des ombres ?
Il n'y a pas une seule réponse. Beaucoup d'enfants ont des compagnons invisibles, le cerveau peut faire voir des silhouettes entre veille et sommeil, et certains lieux ont des causes physiques. Moi, je crois que ce sont des présences, et c'est ce que j'ai vécu. Si ça angoisse l'enfant, consulte.
Est-ce dangereux de voir des ombres ?
Pas en soi. Ce qui compte, c'est ce que ça fait à la personne : de la curiosité, ou de la détresse. En cas de détresse, de mauvais sommeil ou d'angoisse, parle-en à un médecin.
Comment parler à un enfant qui voit des choses ?
Écoute-le sans te moquer, pose-lui des questions ouvertes (« Raconte-moi », « Elle ressemble à quoi ? »), rassure-le avec du concret (veilleuse, ta présence), ne nourris pas la peur, et demande de l'aide à un médecin si ça l'angoisse ou l'empêche de dormir.
Mon enfant parle à quelqu'un qu'on ne voit pas : est-ce grave ?
Pas forcément. Beaucoup d'enfants ont des compagnons que personne ne voit. Mon petit frère, à deux ans, parlait à quelqu'un dans les toilettes. Ce qui compte, c'est comment l'enfant le vit. S'il a peur, dort mal ou change de comportement, parles-en à ton médecin ou à ton pédiatre.
Faut-il avoir peur d'une maison habitée ?
Chez nous, personne n'avait peur. Ma mère et mon beau-père parlaient même avec le volet. Je ne dis pas que c'est pareil partout. Si ce que tu vis chez toi t'angoisse ou t'empêche de dormir, parles-en à ton médecin, et n'hésite pas à m'écrire.

Je suis Jennifer, coach et thérapeute connectée à l'invisible.
Ensemble, explorons ce qui ne se prouve pas mais qui se vit,
ce que le corps sait avant la tête,
ce qui reste quand une explication manque,
ce qui nous traverse sans qu'on sache d'où ça vient.